Les outils du Digital Learning chez Covidien
Xavier Voilquin
director training operations emea
medtronic
Covidien, un leader mondial de l'équipement médical, est souvent cité pour la réussite de sa stratégie Digital Learning. LMS, outil auteur, réalité virtuelle : sujets de notre entretien avec Xavier Voilquin, Director Training Operation Europe.

Quels sont les outils Digital Learning utilisés chez Covidien ?

Xavier Voilquin : Nous utilisons 2 plateformes LMS, Compliance Wire et Cornerstone OnDemand. La première pour traiter les formations de mise en conformité. La seconde pour le reste, en particulier pour former notre force de vente, nos distributeurs et nos clients à nos produits. L'acquisition de Cornerstone OnDemand comme second LMS provient du recentrage de notre stratégie Digital Learning sur 2 plateformes contre les 21 utilisées auparavant, et qui avaient émergé localement au fur et à mesure des projets un peu partout dans le monde. Notre choix s'est porté il y a trois ans sur Cornerstone OnDemand pour la simplicité d'utilisation de son interface, sa capacité à offrir un audit historicisé des manipulations effectuées par les administrateurs dans le cadre d'éventuelles requêtes de service étatiques, et parce que la plateforme allait rapidement prendre en compte le mobile learning. Sa forte connotation SaaS a aussi fortement plaidé en sa faveur !

Quant aux outils auteurs, nous utilisons principalement la suite Articulate qui offre une courbe d'apprentissage rapide, pour le développeur e-learning comme pour l'expert métier qui voudrait simplement construire du e-learning à partir de ses Powerpoint. L'outil est de plus bien adapté au cahier des charges des travaux commandés par nos clients internes, et il nous facilite la localisation, la maintenance et le partage de tous les contenus, dans la mesure où c'est l'outil utilisé dans toutes nos entités.

Nous explorons aussi de nouvelles voies, notamment la réalité virtuelle, à travers des solutions comme Kolor… Une approche qui favorise la rétention d'information par des ressorts, comme l'immersion de l'apprenant, déjà validés par les serious games. La réalité virtuelle, c'est aussi la possibilité d'insérer des "learning nuggets" via des hyperliens qui permettront à l'apprenant d'aller plus loin dans son apprentissage.

Vous insistez sur la facilité de prise en main…

Xavier Voilquin : Si la prise en main de l'outil auteur se fait de façon très simple via un coaching interne de deux jours adossé à un accès à la communauté Articulate, celle du LMS se fait par un parcours bien balisé comprenant des ressources en ligne, du coaching, des réunions téléphoniques hebdomadaires et mensuelles, mais aussi des paramètres de sécurité à l'intérieur du LMS qui accompagnent l'administrateur et s'adaptent à son stade de développement.

Quel regard portez-vous sur l’évolution de ces outils depuis plusieurs années ?

Xavier Voilquin : Comme la plupart des outils informatiques, les LMS et les systèmes auteurs sont devenus beaucoup plus conviviaux. Conçus avant par des développeurs pour des développeurs, ce sont maintenant des solutions adaptées à une clientèle sans réelles compétences IT. C'est ce qu'on peut constater dans les interfaces actuelles, d'autant plus simples qu'elles doivent supporter et s'inspirer des interfaces mobiles. Certains éditeurs poussent la réflexion plus loin - c'est le cas de Cornerstone OnDemand - en institutionnalisant le rôle des clients dans leur R&D, à travers une communauté dédiée… De fait qui mieux que le client sait ce dont il a besoin !

Divers outils plutôt qu'un système intégré, donc ?

Xavier Voilquin : Je ne recommande habituellement pas d'utiliser une solution intégrée car il est difficile pour un éditeur d'être performant dans tous les compartiments du jeu - LMS, d'outil auteur, gestionnaire de questionnaires, etc. Pour autant, la stratégie contraire du "best of breed" n'est pas forcément la meilleure option, en tout cas dans une entreprise globalisée comme Covidien où on est obligé de prendre en compte les besoins et contraintes des différentes entités mondiales, qu'une solution "best of breed" ne pourra pas couvrir même si elle est intrinsèquement la plus performante. Au fond, le déterminant du "best of breed", c'est finalement la capacité d'une solution à épouser les contraintes du client ! De ce point de vue, la solution en vigueur chez Covidien est bien un "best of breed" !

On pense le plus souvent aux outils Digital Learning à vocation "distancielle"… le Digital Learning est-il aussi entré dans la salle de cours ?

Xavier Voilquin : La digital learning n'est pas encore entré dans la salle de classe Covidien, la formation chez nous, comme chez beaucoup, restant encore à dominante traditionnelle. Ceci dit, nous réflechissons à la possibilité d'intégrer les applications d'aide à la performance dans certains de nos cours, d'autant que 30% de nos commerciaux les utilisaient déjà comme outils d'apprentissage, selon une étude interne que j'ai menée il y a 3 ans. Autre intérêt de l'utilisation du digital dans le stage traditionnel : cela permet l'appropriation du digital par les utilisateurs, et donc, on peut l'imaginer, une meilleure utilisation de retour en situation de travail et dans leurs apprentissages distanciels.

Nous travaillons aussi sur un chantier visant à articuler le centre de formation physique et son pendant virtuel : ce projet de réalité virtuelle permet aujourd'hui à notre population européenne de visiter en ligne notre centre de formation tout en ayant accès à l'intérieur de la visite virtuelle à des contenus d'apprentissage.

Propos recueillis par Michel Diaz

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