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Un concours devenu référence et baromètre du marché
Au fil des éditions, les Trophées du Digital Learning se sont imposés comme la compétition de référence de l’écosystème formation. Leur longévité, leur ampleur et la diversité des dossiers déposés – entreprises, organismes publics, enseignement, projets hybrides – en font un observatoire unique des pratiques réelles. Ce qui se lit dans les candidatures n’est plus la course à l’outil, mais la manière dont les équipes structurent des dispositifs, arbitrent, alignent pédagogie, métiers et contraintes opérationnelles. En 2026, cette fonction de baromètre est plus nette encore. L’intelligence artificielle s’est banalisée. Elle n’est plus un facteur de distinction, mais un révélateur de maturité.
Un jury 2026 placé sous le signe de l’exigence… et du recul
À la tête du Jury 2026, Noria Larose et Jean-Roch Houllier donnent le ton. Leur complémentarité structure la lecture des projets. Elle apporte une vision pédagogique construite, une culture de l’ingénierie et une attention constante au sens. Il apporte un regard de terrain, nourri par l’industrie, mais aussi par des chemins de traverse qui invitent à penser autrement l’apprentissage. Ensemble, ils défendent une idée simple : l’innovation n’a de valeur que si elle résiste à l’épreuve du réel et du temps.
Noria Larose, la pédagogie comme ligne de force
Nouvelle présidente du jury, Noria Larose revendique une approche exigeante du digital learning. Elle aime comparer les Trophées à un « Festival de Cannes » du secteur : un moment de reconnaissance, de visibilité, mais aussi de comparaison exigeante entre pairs. Cette métaphore n’a rien d’anecdotique. Comme dans le cinéma, l’effet spectaculaire ne suffit pas. Ce qui compte, c’est la cohérence de l’œuvre, la qualité de la mise en scène pédagogique et l’intention qui la porte. La création de la catégorie « ingénierie frugale » s’inscrit dans cette logique. Récompenser des projets capables de produire un impact fort avec des moyens limités revient à valoriser l’intelligence de conception plutôt que la débauche technologique. Un message très lisible pour les directions formation confrontées à des arbitrages budgétaires permanents.
Jean-Roch Houllier, le temps long contre l’illusion de l’instantané
Vice-président du jury, Jean-Roch Houllier revendique un profil atypique. Au-delà de ses responsabilités en learning et digital, il cultive une passion pour la recherche, la préhistoire et l’entomologie, disciplines qui l’ont familiarisé avec le temps long. Une grille de lecture qu’il applique sans détour à la formation. Là où le digital learning et l’IA valorisent souvent l’instantanéité, il rappelle que l’apprentissage profond s’inscrit dans la durée. Les insectes, dit-il volontiers, nous apprennent la patience, l’observation et l’adaptation progressive – autant de vertus que la pédagogie gagnerait à réinvestir. Cette sensibilité se retrouve dans son analyse des dossiers. Multimodalité, blended learning, dispositifs digitaux scénarisés ne sont plus des innovations, mais des prérequis. L’IA n’échappe pas à cette règle. Omniprésente, elle n’est pertinente que si elle respecte les rythmes cognitifs et renforce la profondeur des apprentissages.
Une grille de lecture collective plus mature
Autour de ce binôme, le jury 2026 réunit des profils issus de l’entreprise, des institutions, de la recherche, du conseil et de l’innovation. Cette diversité nourrit des échanges plus riches et resserre les critères d’évaluation. Les projets sont analysés dans leur globalité : alignement stratégique, solidité pédagogique, intégration technologique, capacité de déploiement et d’appropriation. Les candidatures conjointes, associant équipes formation et partenaires, sont encouragées. Elles traduisent une conviction désormais partagée : la valeur se construit dans la co-conception, pas dans l’empilement d’outils.
Une édition 2026 révélatrice d’une maturité collective
Organisatrice des Trophées, Florence de Courtenay résume l’esprit de cette édition avec une formule qui fait écho au discours du jury : « Les Trophées rappellent chaque année que la technologie n’est qu’un moyen. Ce sont les usages, l’intelligence collective et la qualité pédagogique qui font la différence. » La cérémonie de remise des prix, le 9 avril 2026 lors du salon Innovative Learning à Paris Porte de Versailles, distinguera des projets moins démonstratifs, mais plus structurants. Des projets qui assument une ambition simple et exigeante : faire apprendre mieux, pas seulement plus vite.
Source : L’Essentiel RH & Learning
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