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Nous mesurons tout sauf nos dépendances
Le digital learning a construit sa légitimité sur la mesure. Taux de complétion, temps passé, satisfaction, activité des plateformes, consommation de contenus, progression des compétences, rentabilité des investissements : les directions formation n'ont jamais autant observé leurs dispositifs. Cette sophistication croissante produit un paradoxe. Les entreprises savent de mieux en mieux mesurer ce que leur écosystème Learning produit. Elles savent beaucoup moins mesurer ce dont il dépend. Que se passerait-il si un fournisseur stratégique modifiait brutalement sa politique tarifaire ? Si une plateforme disparaissait ? Si un service d'intelligence artificielle cessait d'être accessible ? Si une bibliothèque de contenus changeait son modèle économique ? Peu d'organisations disposent aujourd'hui d'une réponse précise. Pourtant, les dépendances s'accumulent. LMS, LXP, plateformes de compétences, outils auteurs, assistants conversationnels, moteurs d'IA générative, bibliothèques de contenus : chaque brique apporte de la valeur. L'ensemble constitue une architecture dont les fragilités restent rarement analysées.
La souveraineté numérique change d'échelle
La souveraineté numérique a longtemps été un sujet d'États. Les débats portaient sur les infrastructures critiques, les télécommunications, le cloud ou les données stratégiques. L'Union européenne cherche aujourd'hui à objectiver cette notion à travers des indicateurs permettant d'évaluer le degré de souveraineté numérique des économies européennes. Depuis quelques années, la question descend également dans l'entreprise. Les directions générales s'interrogent à leur tour sur leurs dépendances technologiques, la localisation de leurs données ou leur capacité à changer de fournisseur. La formation est directement concernée. Elle gère désormais un patrimoine numérique considérable. Données de compétences, historiques d'apprentissage, référentiels métiers, contenus pédagogiques, assistants IA, moteurs de recommandation : ces actifs occupent une place croissante dans les stratégies RH et les programmes de transformation. Pourtant, les directions formation continuent de piloter principalement la performance de leurs dispositifs. Elles disposent rarement d'une vision structurée de leur niveau de maîtrise. C'est précisément ce vide que Féfaur propose d'explorer avec le Learning Sovereignty Index™.
Un nouvel indicateur pour garder la main
Le LSI repose sur une idée simple : mesurer la capacité d'une direction formation à conserver son autonomie de décision et d'action malgré les dépendances qu'elle a construites. Cette approche ne vise ni l'autarcie ni le rejet des technologies. Aucune entreprise ne peut tout produire elle-même. La question consiste à comprendre ses dépendances, à les mesurer et à les piloter. Le premier pilier concerne les données. L'entreprise conserve-t-elle un contrôle effectif sur ses données apprenants et ses référentiels de compétences ? Le deuxième pilier porte sur les contenus. Quelle part du patrimoine pédagogique appartient réellement à l'organisation ? Le troisième pilier concerne les compétences internes. Les expertises critiques en conception, ingénierie pédagogique ou évaluation sont-elles toujours présentes ? Le quatrième pilier s'intéresse à l'architecture technologique. Quelle est la concentration des dépendances ? Quel serait l'impact de la disparition d'un fournisseur clé ? Enfin, le cinquième pilier porte sur la gouvernance. Les choix structurants résultent-ils d'une stratégie interne ou suivent-ils principalement les évolutions imposées par les fournisseurs ?
La réversibilité comme test de vérité
Une seule question permet de résumer l'esprit du Learning Sovereignty Index™ : combien de temps faudrait-il à votre direction formation pour retrouver 80 % de sa capacité opérationnelle si son principal fournisseur disparaissait demain ? La plupart des entreprises ne connaissent pas la réponse. Pourtant, cette interrogation révèle immédiatement la nature des dépendances existantes. Les contenus sont-ils récupérables ? Les données sont-elles exportables ? Les équipes disposent-elles des compétences nécessaires pour piloter une migration ? Des alternatives ont-elles été identifiées ? Le coût de sortie est-il connu ? La souveraineté ne se mesure pas à l'absence de dépendance. Elle se mesure à la capacité de reprendre la main lorsque les circonstances l'exigent. Cette notion de réversibilité pourrait rapidement s'imposer comme l'un des critères majeurs de maturité numérique des directions formation.
Un futur terrain d'étude pour Féfaur
L’intérêt du LSI ne réside pas seulement dans le score qu'il pourrait produire : sa valeur réside dans les conversations qu'il ouvrirait. Une direction formation pourrait découvrir qu'elle possède ses contenus mais dépend fortement d'un fournisseur unique. Une autre pourrait constater qu'elle contrôle ses données mais a progressivement externalisé ses compétences critiques. Une troisième pourrait identifier un risque croissant lié à la concentration de ses usages IA. Les quinze dernières années ont été dominées par la recherche de performance, d'engagement et d'expérience utilisateur. Les prochaines pourraient être marquées par une autre préoccupation : la maîtrise. Féfaur entend désormais mettre cette hypothèse à l'épreuve du terrain. Le Learning Sovereignty Index™ pourrait servir de base à de futurs travaux de recherche et à un benchmark permettant aux entreprises d'évaluer leur niveau de maîtrise de leur écosystème Learning. Car la question qui se profile n'est plus seulement de savoir si une organisation dispose des meilleures technologies d'apprentissage. Elle consiste à déterminer si elle contrôle encore réellement l'écosystème qu'elle a construit autour d'elles.
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